Antonio Franchino répond à nos questions sur la genèse du Groupement.

En quelle année le GGE a-t-il été créé ?

C’était en 1963, le 13 mars de cette année nous avons tenu notre première assemblée officielle, dans une salle de l’hôtel de Genève. Nous étions une trentaine.

Quelles raisons ont motivé sa création ?

À l’époque le canton de Genève menait de front d’importants ouvrages, tels que l’autorouteA1 Genève-Lausanne, le prolongement de plus d’un kilomètre de l’aéroport de Cointrin, avec le tunnel de Ferney-Voltaire et la construction de la nouvelle aérogare, la reconstruction de l’hôpital cantonal et les cités satellites d’Onex et de Meyrin.

Tous ces grands travaux étaient considérés « d’intérêt public », pour les réaliser on faisait appel à de la main-d’œuvre saisonnière.

Les entreprises adjudicataires de ces ouvrages absorbaient l’ensemble du contingent des permis saisonniers. Par ce mécanisme les grandes entreprises devenaient toujours plus grandes, quant aux autres elles restaient au statu quo.

Face à cette impasse, une délégation de nos membres a demandé d’être reçue par nos autorités pour expliquer cette disparité de traitement, elle s’est présentée sous le nom de GGE (Groupement Genevois d’Entreprises).

Notre cause a été quelque peu écoutée dans le cadre des droits des associations minoritaires ; petit à petit la répartition de la main d’œuvre saisonnière a été un peu plus équitable.

Comment le GGE s’est-il inscrit dans le paysage ?

Grâce à la ténacité de nos 3 secrétaires successifs, feu M. Charles GAY, Jean-François Ansermet et actuellement Peter Rupf, le bilan est très positif.

Avec un grand esprit d’indépendance, nous avons très vite créé notre propre caisse de compensation avec un service de salaires pour nos membres et une caisse de prévoyance pour le 2e pilier ; après de longues négociations, nous sommes devenus cosignataires de la convention collective de gros œuvre puis du second œuvre et récemment celle des Parcs et Jardins. Depuis plusieurs années nous sommes membres de la FMB (Fédération des métiers du Bâtiment). Aujourd’hui, à Genève, tous les partenaires sociaux reconnaissent l’existence du GGE.

Aujourd’hui que représente le GGE à Genève ?

Aujourd’hui nous comptons 285 entreprises dont : 67 dans le gros œuvre, 195 dans le second œuvre et 23 dans les Parcs et Jardins, occupant dans leur ensemble environ 1800 employés.

Comment le GGE va-t-il se dessiner dans les 10 prochaines années ?

Je n’ai pas de boule de cristal pour dessiner sa situation dans 10 ans, mais notre Groupement va poursuivre ses efforts pour la défense et l’assistance de ses membres et des travailleurs qui lui sont affiliés. D’autre part, il va intensifier les luttes qui nous attendent pour la protection de nos entreprises locales qui respectent une charte d’éthique face à l’arrivée de toutes parts d’entreprises sans aucune éthique, avec des « comportements sauvages » tels que le travail au noir, la sous-traitance abusive, les prix cassés qui engendrent toutes sortes de mal façons, qui font de nombreuses victimes parmi les personnes qui leur confient les travaux.

Comme vous le voyez, le GGE a encore de beaux jours devant lui !